Un quotidien rythmé par le sucre

En tant que psychologue experte en émotions, je suis régulièrement amenée à faire le lien entre alimentation et état émotionnel avec mes patient·es. J’accompagne de nombreuses femmes souffrant d’inflammations chroniques, de troubles digestifs, de fatigue persistante ou d’anxiété, et ces signaux corporels m’ont souvent amenée à me questionner : et si une partie du mal-être émotionnel venait de notre assiette ?

Lors de la rédaction de mon livre Anti-Anxiété, j’ai été particulièrement interpellée par le lien entre sucre et anxiété. De nombreuses études pointent son rôle dans la dérégulation de nos neurotransmetteurs et de notre équilibre émotionnel. Cette prise de conscience a éveillé en moi un fort besoin d’aller plus loin.

Je me suis donc plongée dans les recherches scientifiques, et puis une évidence s’est imposée : si je voulais véritablement comprendre, je devais passer par l’expérience. Ressentir, observer, écouter mon propre corps. J’ai donc pris une décision radicale : arrêter totalement le sucre (ou presque!). 

Voici mon histoire.

Le déclic : Une prise de conscience brutale

J’ai grandi dans une famille où l’on mangeait bien. Les légumes venaient du producteur, la viande était locale et occasionnelle, et surtout, la curiosité culinaire faisait partie de notre quotidien. Petite, j’ai par exemple découvert la cuisine chinoise grâce à ma tante qui a vécu plusieurs années à Hong Kong, et les saveurs japonaises à travers mon père, qui a travaillé avec des collègues japonais et voyagé là-bas. Mais dans les placards, il y avait toujours des céréales sucrées et une panoplie de biscuits : mes favoris ? Les Dinosaurus, les Snickers, les Kinder Délice et bien sûr, les mini BN. Oui, j’aime le chocolat ! 

En grandissant, j’ai conservé une alimentation globalement saine, sans culpabilité. Mais certaines habitudes, elles, sont restées très enfantines : un petitdéjeuner sucré, deux goûters (un à 10h, un autre à 16h), et un dessert après chaque repas. La question ne se posait même pas et s’il y a du chocolat noir alors … c’est encore mieux ! 

Lors de mon allaitement, mes envies de sucre ont explosé (et j’ai allaité 8 mois donc j’ai eu le temps de biieeennn profiter!). Je grignotais sucré en continu, sans culpabilité. Je me faisais plaisir, et à ce moment-là, ça me semblait totalement légitime. Mais une dissonance s’est installée plusieurs mois après mon arrêt de l’allaitement: je connaissais l’impact du sucre sur la santé, je lisais, j’observais, et surtout… je faisais tout pour que mon fils n’y soit pas exposé. Pas de sucre et encore moins de biscuits transformés pour lui. Je le protége du sucre pendant que moi, j’en consommais à outrance.

Ce paradoxe m’a poussée à me questionner en profondeur. Et si je voulais vraiment comprendre le sucre (ses effets sur le corps, l’humeur, la santé) je devais d’abord me confronter à ma propre consommation. En tant que psychologue spécialisée dans les émotions, j’aide mes patient·es à identifier leurs comportements automatiques, leurs compensations, leurs addictions affectives. Et là, c’est moi que j’ai dû interroger. Ce contraste entre l’image que je renvoyais et ce que je vivais intérieurement a été un vrai déclic.. Sans m’en rendre compte, j’avais pris huit kilos et je ne rentrais plus que dans un seul de mes pantalons ! Mon régime alimentaire, bien qu’apparemment « normal » et perçu comme « healthy » pour mon entourage, entretenait une dépendance à un produit qui, pourtant, n’est pas considéré comme une drogue : le sucre.

Un sevrage brutal et les premiers jours de galère

J’ai choisi une période loin d’être idéale : seule avec mon fils, malade, et quelques semaines avant les fêtes de Noël. Une erreur ? Pas tant que ça. Car si ces premiers jours ont été un enfer (irritabilité, obsession pour du chocolat noir, fatigue intense: j’aurai pu manger mon bras et manger 10 kilos de beurre de cacahuète !) ils m’ont fait prendre conscience d’un phénomène : mon corps réclamait sa dose de sucre, comme une véritable addiction.

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 Les effets après 4 mois

Une peau plus belle

Ma peau a été le premier messager. Moi qui souffrais de dermite séborrhéique sur le visage, je suis passée d’un traitement tous les deux jours à une application hebdomadaire, voire moins. Une peau plus hydratée, plus lumineuse et moins de rougeurs ! 

Moins de rétention d’eau

Je dégonfle. Mon corps retient moins d’eau, mes traits sont plus fins, et mon ventre moins gonflé. Ce sont les premiers signes que j’observe et je suis bluffée de la rapidité de ces observations. 

Moins d’anxiété et de sauts d’humeur

Le sucre joue un rôle sur la régulation de l’humeur. J’ai constaté une nette diminution de mes pics d’anxiété et une stabilisation émotionnelle, notamment en période de SPM (syndrome prémenstruel). Plus de remise existentielle avant mes règles (oui, dans ces périodes je me trouve nulle et mon syndrome de l’imposteur occupe toute la place) et surtout je suis passée de 2-3 dolipranes à 1 seul pendant mes règles.

Une meilleure récupération physique

En tant que sportive, j’ai ressenti une meilleure souplesse et une diminution des douleurs musculaires. Et c’est prouvé : le sucre favorise la glycation, un processus responsable du vieillissement cutané et de l’inflammation des tissus.

Le sucre ne se contente pas d’impacter la silhouette ou l’humeur. Il agit en profondeur, et ses effets sont systémiques : cerveau, cœur, intestins, peau, hormones, système nerveux… tout est lié. Ce que j’ai découvert à travers mes lectures, recherches et expérience personnelle, c’est que le sucre n’est pas neutre. Il est au cœur de nombreux déséquilibres, invisibles ou normalisés.

En tant que psychologue, je crois profondément à l’interdépendance entre le corps et l’esprit. Réduire le sucre, c’est aussi faire un geste pour sa clarté mentale, sa vitalité et sa stabilité émotionnelle.

 

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🔥 L’inflammation chronique : le mal silencieux

L’inflammation chronique est un terreau fertile pour de nombreuses pathologies. Elle agit en toile de fond, souvent de façon invisible, mais impacte en profondeur le corps et l’esprit. Parmi les manifestations les plus fréquentes, on retrouve :

  • Les problèmes de peau (acné, dermite, eczéma)
  • Le syndrome du côlon irritable et les troubles digestifs
  • La maladie de Lyme et ses douleurs persistantes
  • Les douleurs articulaires, musculaires et la fatigue chronique
  • L’endométriose, fortement liée à des mécanismes inflammatoires
  • Et bien d’autres troubles souvent banalisés ou mal compris

Or, l’un des principaux catalyseurs de cette inflammation systémique, c’est le sucre. Il perturbe le microbiote, dérègle les hormones, nourrit les états inflammatoires… Et pourtant, sa consommation excessive reste non seulement tolérée, mais valorisée, banalisée, encouragée.

Il est temps de sortir du déni collectif et de reconnaître que le sucre n’est pas neutre. Il influence profondément notre santé physique, notre clarté mentale, et notre équilibre émotionnel.

L’influence de l’agroalimentaire et la matrice du sucre

Le sucre est partout, dans les produits industriels, les plats préparés, les encas destinés aux enfants. Mais le plus alarmant, c’est qu’il est associé à la joie et à l’enfance.

Quand je refuse que mon fils (qui n’a pas encore trois ans) mange du pain blanc, un Prince ou du chocolat au lait, on me regarde comme une mère privant son enfant d’innocence.

Pourquoi est-ce choquant de limiter le sucre alors qu’il est établi qu’il joue un rôle majeur dans l’épidémie de maladies chroniques ? Parce que nous sommes conditionnés par des années de marketing et d’habitudes alimentaires.

Une réflexion sur notre rapport au sucre

Cette expérience m’a profondément fait réfléchir à notre conditionnement collectif autour du sucre. Le sucre n’est pas seulement un aliment : il est chargé de symbolique. Il évoque l’enfance, la récompense, le plaisir immédiat, l’amour, parfois même le réconfort émotionnel. Dans notre société, il est partout; dans les publicités, dans les fêtes d’école, dans les rituels familiaux. Il est coloré, joyeux, familier. Et pourtant, il peut aussi nous rendre malades, dépendants, instables émotionnellement.

Dans le livre Énorme d’Anna Roy, elle évoque sa propre addiction au sucre. J’y ai retrouvé cette ambivalence entre la douceur apparente du sucre et sa violence invisible. Nous vivons dans une société où dire non au sucre peut être perçu comme une privation, une rigidité, voire une atteinte à la liberté. Et pourtant… ce choix peut être profondément libérateur.

Il est temps de sortir du tabou, de prendre conscience de l’impact réel du sucre sur notre corps, notre santé mentale, notre quotidien. Arrêtons de l’édulcorer, au sens propre comme au figuré. Reprenons notre pouvoir face à ce qui nous est présenté comme anodin, alors qu’il façonne en profondeur notre physiologie et notre rapport aux émotions.

Et maintenant ?

Quatre mois sans sucre, et je ne compte pas revenir en arrière. Je ne suis pas dans un 100% pas de sucre, car les extrêmes ne me conviennent pas, mais je savoure autrement. Un gâteau basque sous les yeux qui semble délicieux mais qui n’est pas mon gâteau préféré? Je passe. Un Kinder délice si innocent qui me rappelle mon enfance ? Même plus envie. À la place, je cuisine plus, je découvre de nouvelles recettes et je m’éclates ! Je remplace le sucre raffiné par des alternatives plus naturelles comme les fruits, le sucre de coco, le sucre de dattes ou encore le xylitol (substitut de saccharose). 

Mon corps me remercie. Mon esprit aussi.

Et si tu tentais l’expérience ? Ne serait-ce que quelques semaines pour voir ce que cela change dans ta vie ? 

Pour information: si on m’avait dit il y a 5 mois que j’allais arrêter ou en tout cas fortement diminuer le sucre, je n’y aurais jamais cru ! Alors toi aussi tu peux le faire 😉 

Et toi, où en es-tu avec le sucre ?

As-tu déjà tenté de réduire ta consommation ? Est-ce que tu as remarqué un lien entre tes émotions, ton stress ou ton anxiété et tes envies sucrées ? Ou peut-être que tu hésites à franchir le pas ?

👉 Je t’invite à partager ton expérience ou tes questions en commentaire. C’est toujours enrichissant de se soutenir, d’apprendre les uns des autres, et de créer un espace d’échange bienveillant.

Et si tu sens que tes envies alimentaires sont liées à tes émotions ou à ton anxiété, mes programmes peuvent vraiment t’aider.
Je propose notamment :
🌀 Explore – Le pouvoir de tes émotions : pour mieux te comprendre, accueillir ce que tu ressens et transformer tes schémas émotionnels.
🌬️ Stop Crise d’Angoisse : pour toutes celles et ceux qui vivent avec une anxiété intense ou des crises d’angoisse et cherchent des outils concrets pour retrouver de l’apaisement.

Au plaisir de lire ton témoignage sous cet article 💛

Crédit photos: Manon Valls